Chapitre 2
J’étais le fier capitaine du Magellan, un trois-mâts de nouvelle génération. Équipé d’un puissant moteur à vapeur, il pouvait naviguer par tous les temps – je crois que sur ce point l’ingénieur devrait revoir sa copie. Il était le plus magnifique du port avec ses deux cents arpents de longueur et ses dix arpents de haut. Sur la coque, les renforts métalliques brillaient encore, tout comme la tuyauterie à vapeur.
C’était mon navire !
J’étais un transporteur qui naviguait entre le nord du royaume et les territoires de la Nouvelle-France. Je n’en étais pas à mon premier voyage, mais celui-ci devait être particulier. Je devais faire mon premier voyage aux commandes de mon propre vaisseau.
Trouver un équipage pour un nouveau navire n’était jamais difficile. Les marins à la recherche d’un bateau se bousculaient sur les ports à guetter la moindre annonce. À peine diffusait-on le message, qu’une longue file d’attente se créait sur le quai.
Au bout d’une journée, j’avais mon équipage, quinze membres qui sortaient pour la plupart de l’Académie Royale de la Marine. J’avais même réussi l’exploit à trouver trois automates pour ce premier voyage.
Le moment du départ approchait. La cargaison devait être livrée dans les délais.
Le pont était propre et la chaudière chaude, une légère vapeur s’échappait des tuyaux situés en poupe. Il était l’heure pour moi d’effectuer une dernière vérification avant de lever l’ancre.
Bien harnachées dans l’immense cale, les caisses contenaient, d’après les étiquettes peintes dessus, des pièces détachées destinées à des locomotives à vapeur et à l’industrie du rail. Il y en avait des centaines, bien réparties pour ne pas perturber la stabilité du bateau. Dans un coin, nos caisses de vivres avaient été empilées soigneusement par les trois marins automates.
« Levez l’ancre ! »
Sous le pont, le moteur grondait à la sortie de la chaudière. Les hélices, qui tourbillonnaient sous l’eau, dirigeaient l’impressionnante coque vers la sortie du port. Je restais à la manœuvre jusqu’à être suffisamment éloigné des côtes.
La barre fermement en main, je profitais des premiers rayons du soleil.
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