AUTEUR D’AVENTURES STEAMPUNK ET D’UCHRONIES

L’Entrevue Parenthèse de Victoria Langlois

Installée à l’un des petits salons du jardin des plantes, je vois arriver mon invité du jour, grand, la moustache en guidon et arborant un gilet gris et bras de chemise blanche. Il me sourit et je l’invite alors à prendre place face à moi. Sur la table basse dont la peinture s’écaille par endroit, je lui présente la citronnade que nous serons heureux de siroter sous ce doux soleil d’été. Avec nous, mon assistant, Nicholas, dont la dextérité des doigts lui permet de prendre en note toute notre discussion.

Après des salutations calmes et sincères, je commence mon gentil interrogatoire.

« Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
— Je m’appelle Erick Chenaie. Je vis et travaille en région parisienne, et je suis né en 1984 » il sourit et me souffle : « je vous laisse faire le calcul.
— Je suis certaine que mes lecteurs sauront résoudre cette énigme.
— Êtes-vous auteur à temps plein ?
— Pas encore. » Il devient légèrement pensif. « Un jour peut-être.
— Puis-je vous demander ce que vous faites comme travail ?
— Je suis archéologue et médiateur culturel. C’est-à-dire qu’une grande partie de mon temps est utilisée pour réaliser et animer des ateliers pédagogiques liés à l’archéologie.
— Très intéressant. Pour avoir suivi toute la mission de Castellac, je trouve vraiment que vous faites un beau métier. Revenons-en à l’écriture de vos romans. Depuis quand écrivez-vous ?
— Comme beaucoup d’auteurs, j’ai commencé assez jeune. La première fois où j’ai réellement inventé et écrit une histoire, j’étais en CM2, j’avais 10 ans. L’institutrice avait inscrit la classe à un concours de bande dessinée. Avec mon meilleur ami de l’époque, on avait décidé de faire une histoire type enquête policière. Lui dessinait bien, j’avais donc récupéré la partie invention de l’histoire. L’histoire devait tenir finalement sur 4 ou 5 planches.
» Après pendant le collège, j’ai continué à écrire, dans mon coin. Ça me permettait de m’isoler et d’avoir un endroit rien qu’à moi. Pour ces premiers écrits, ça ressemblait plus à des fanfictions. J’utilisais des personnages que j’aimais bien de séries ou de film. J’ai continué durant le lycée. Pendant l’université, j’ai un peu lâché. Il y avait bien des moments où je reprenais, mais sans vraiment aller au bout des choses.
» Et puis un jour, c’est revenu comme une évidence. J’avais besoin d’écrire et de retrouver cette sensation pendant la création d’un monde, d’une intrigue. C’est un peu comme une drogue maintenant. Dès que j’ai du temps libre, j’ai un œil sur les écrits en cours.
— Je vois que vous avez ça dans la peau. Si vous écrivez depuis si longtemps, cela veut dire que l’univers de la Terre de Cuivre n’est pas le premier que vous imaginez.
— En effet. » Il me sourit et je vois défiler dans ces yeux les souvenirs de ces mondes disparus. « Ce n’est pas le premier et ce ne sera pas le dernier. J’ai déjà des idées d’autres mondes. Mais vu que j’aime bien que toutes mes histoires puissent être reliées les unes aux autres, je dois d’abord faire avancer un peu la Terre de Cuivre avant de montrer ce qu’il y a en dehors. Cela me permettra d’ailleurs de réutiliser des fragments des univers et intrigues créés lorsque j’étais plus jeune.
— Hâte de découvrir ça, répondis-je en jetant un œil sur Nicholas et sa machine à écrire. Si j’ai bien compris, vous écrivez tous les jours.
— Oui, en tout cas j’essaie. Parfois avec le travail, ce n’est pas si évident que ça, mais même si je ne me mets pas à mon bureau pour écrire, j’ai toujours un œil sur mon texte, affiché sur ma tablette. Comme ça, même en préparant le repas, je peux quand même relire des passages, ajouter un mot ou une phrase par-ci, par-là.
— J’ai vu que vous écrivez également des textes courts, des nouvelles. Pouvez-vous nous en dire plus ?
— J’aime bien écrire des textes plus courts. Déjà, on voit le résultat plus rapidement et c’est un exercice qui demande de réfléchir à presque chaque phrase, trouver le bon mot, la bonne description. Ça me permet aussi de prolonger un peu une aventure avec un personnage ou de montrer un autre pont de vue. Souvent quand j’écris mes romans, je me dis “tiens, cette idée ferait une nouvelle sympathique.” Je le note sur ma liste d’idées de textes. Quand j’ai besoin, je pioche dedans.
— Une question maintenant au sujet du genre de vos romans. Vous écrivez de la science-fiction, et plus particulièrement du steampunk. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs ce qu’est ce genre ? Ce qu’il représente pour vous ?
— C’est un genre visuel que j’apprécie depuis très longtemps. Pour vous résumer le steampunk, il s’agit d’un monde où la vapeur domine la technologie, avec une importance dans la science, dans ce qu’elle a de plus créatif et fou. Pour le visuel, il s’agit souvent d’un monde où d’une époque victorienne du XIXe siècle. On peut aussi ajouter la présence d’automates et de zeppelin. J’ai utilisé et modelé le visuel du steampunk pour créer l’univers de la Terre de Cuivre. Le monde aujourd’hui va très vite, trop peut-être. Avec cet univers où les machines sont limitées dans leur capacités d’actions, il est possible de ralentir et de prendre son temps. »
Je trouve toujours étonnant qu’il existe des mondes où l’électricité peut être utilisée sans danger. Je sors de mes réflexions et conclus cette entrevue.
— Si j’ai bien tout suivi, vous avez pour nous plusieurs romans et nouvelles à nous présenter. Je suis certain que nos fidèles lecteurs sont impatients de découvrir un peu plus les aventures de la Terre de Cuivre »

Erick me remercie et tout en le raccompagnant jusqu’à l’entrée du parc, nous en profitons pour discuter un peu de ces prochains romans. Je ne peux rien vous dire, mais l’univers de la Terre de Cuivre n’a pas fini de se dévoiler.
Je le laisse alors qu’il monte à bord d’un taxi vapeur.

C’est ici que s’arrête l’Entrevue Parenthèse. Chers lecteurs, je vous donne rendez-vous le mois prochain avec un invité tout aussi exceptionnel. N’oubliez pas que vous pouvez retrouver l’intégralité de l’entrevue en audio dans les piliers d’informations.

V. L.