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Episode 9
ARRÊT DU CHANTIER DE L’ÎLE VOLANTE

Extrait du journal Excelsior, daté du Quartidi, 24 Vendémiaire an CLXXXI

Grève des automates

Depuis quelques semaines, de nombreuses voix protestataires s’élevaient parmi les automates travaillant sur le chantier royal de l’île volante. Depuis hier matin, le chantier est une nouvelle fois arrêté. Contrairement à la fois précédente, où juste une zone était en arrêt, ici cela concerne l’ensemble du chantier. Plus rien ne bouge. Les différents représentants automates se sont rencontrés en secret pour définir les règles de cette première grève automate. Certains contremaîtres pensaient pouvoir continuer le travail et faire redémarrer la machine, mais tous les ouvriers humains soutiennent leur collègue de métal. Cette grève s’est très vite répandue aux usines des cités ouvrières.

Les automates demandent à obtenir les mêmes droits que les humains. Rappelons qu’ils ont obtenus leur premiers droits durant l’année ci. À partir de cette date, il leur fut permis de pouvoir vivre et travailler parmi les humains. Ils réclament à présent la suite logique de ces droits : les écoles mixtes, un salaire correspondant à la difficulté de leur travail, avoir un représentant automate au palais royal et pouvoir avoir la nationalité française.

Représentant automate et humain doivent se retrouver autour de la table pour entamer les discussions d’usage. Le roi a fait appel à toute l’intelligence des deux parties pour que cette réflexion ne se transforme pas en impasse. Il se dit prêt à intervenir en personne si cela devenait nécessaire.

Les ouvriers humains devants les usines à l’arrêt1

Rencontre avec Charles Niva, architecte sur l’île volante

L’une des voix humaines en faveur des automates est celle de Charles Niva, architecte royal qui a conçu plusieurs quartiers de la cité principale de l’île volante. Nous l’avons rencontré afin de parler de son travail pour ce chantier hors du commun.

Journaliste : Pouvez-vous nous présenter votre travail sur l’île ?

Charles : J’ai participé au concours d’architecture du projet un peu par hasard. J’avais conçu quelques plans pour un projet abandonné et je me suis dit qu’ils pourraient peut-être plaire pour celui de l’île volante. Après les validations des différents organisateurs, j’ai pu affiner les plans. Je m’occupe de trois quartiers de la cité principale : le quartier des Trois-Fleurs, le quartier des petits buissons et celui de la brique blanche.

J : Travaillez-vous avec les autres architectes ?

C : Nous avons eu plusieurs réunions ensemble afin d’harmoniser nos plans et faire en sorte que le résultat final soit homogène.

J : Tout s’est-il bien passé ?

C : Je mentirais si je vous disais oui. Il y a eu parfois quelques tensions, mais à la fin nous sommes tous d’accord pour dire que nous sommes fiers de ce que sera l’île.

J : Est-ce que l’on reconnaîtra votre style dans les trois quartiers que vous avez cité ?

C : Oui. On évoque souvent la tuyauterie que je laisse apparente. J’aime bien transformer l’utile en agréable et rendre la tuyauterie des chaudières en œuvre d’art. Dans plusieurs appartements, on retrouvera cet effet travaillé dans les tuyaux. Dans l’un des quartiers, la maison des services jouera avec quelques illusions d’optique. Je n’en dis pas plus, ce sera à vous de les découvrir.

J : Prévoyez-vous d’emménager à bord de l’île ?

C : Bien que je pourrais tout à fait le faire, je ne l’envisage pas. Mon activité me demande de pouvoir me déplacer souvent. Mais mon fils, qui travaille avec moi, a décidé de vivre à bord pour y développer notre cabinet d’architecture.

L’île décolle et après ?

Nous sommes encore loin de la date du décollage de l’île volante. Tout le monde se demande néanmoins ce qui est prévu une fois cette immense structure de métal dans les airs.

L’île volante, une détachée du sol, commencera son tour de monde. L’île se trouvera dans l’espace aérien international, ce qui évitera quelques désagréments avec les trajets des zeppelins. Des accords sont en ce moment passé avec les différents pays pour des échanges lors du passage de l’île volante au-dessus de leur territoire.

Une question s’est longuement posée. Qu’en serait-il pour les différents fuseaux horaires ? L’île volante se réglera sur le fuseau horaire dans lequel elle se trouvera. Pour ne pas avoir à effectuer des changements trop souvent, l’île devra rester un mois dans chaque fuseau horaire. Ainsi, tous les 30 jours, les habitants de l’île volante devront avancer leur montre d’une heure.

L’île sera aussi un gigantesque laboratoire qui permettra à l’Académie Royale de Sciences de faire une multitude d’expériences dans tous les domaines.


Crédits illustrations

1. Decize – la Tuilerie – Sortie des ouvriers

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